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L’Espagne prévoit de reporter VeriFactu à octobre 2028. Le délai de la facture électronique entre entreprises, lui, court déjà.
Ce qui est reporté et ce qui ne l’est pas, les dates fixées par un arrêté déjà en vigueur, ce qu’on ne sait pas encore, et pourquoi les données d’une facture se jouent dans le premier formulaire.
Imaginez : une agence immobilière de Barcelone, détenue par un groupe genevois, a changé de logiciel de facturation au printemps pour être prête pour VeriFactu. En octobre, sa direction lit que le ministère espagnol des Finances veut encore le reporter et range le sujet jusqu’en 2028. La même semaine, un autre délai a commencé à courir, celui de la facture électronique entre entreprises, et personne dans l’agence n’a fait le lien entre les deux.
On parle bien plus des reports que des dates qui tiennent. Dans la facturation espagnole de 2026, c’est exactement ce qui se passe.
Ce qui est reporté, si c’est adopté.
VeriFactu est le règlement espagnol sur les logiciels de facturation (décret royal 1007/2023) : le programme qui émet les factures doit garantir que les enregistrements ne sont pas modifiés et peuvent être transmis à l’administration fiscale. Depuis le décret-loi royal 15/2025, les échéances publiées sont le 1er janvier 2027 pour les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés et le 1er juillet 2027 pour les autres.
Le 5 octobre 2026, le ministère des Finances a publié une note d’information annonçant une prévision : reporter à octobre 2028 les obligations encore en attente de VeriFactu, pour les faire coïncider avec la facture électronique obligatoire des entreprises dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 8 millions d’euros. La même note précise que les exigences d’intégrité, de conservation, de traçabilité et d’inaltérabilité resteront substantiellement équivalentes. C’est une annonce, pas une norme : tant que rien n’est publié au Journal officiel (BOE), l’administration fiscale continue d’indiquer les dates de 2027.
Ce qui n’est pas reporté.
Le lendemain, le 6 octobre 2026, est entré en vigueur l’arrêté HAC/1028/2026, qui encadre la solution publique de facturation électronique. Selon l’administration fiscale, cette date lance le calendrier de la facture électronique obligatoire entre entreprises et professionnels. Émettre et recevoir des factures électroniques sera exigible dès le 6 octobre 2027 pour les entreprises dont le chiffre d’affaires a dépassé 8 millions d’euros l’année précédente, qui devront en outre y joindre un PDF lisible pendant la première année. Pour les autres, dès le 6 octobre 2028.
L’obligation de communiquer le statut des factures et des paiements suit le même calendrier pour les grandes entreprises et pour les autres sociétés, et s’applique le 6 octobre 2029 aux indépendants personnes physiques. Ces dates ne sont pas une prévision : elles figurent dans un arrêté publié et en vigueur.
Ce que je ne sais pas.
Je ne sais pas quand ni par quel texte le report de VeriFactu sera adopté, ni si d’autres éléments changeront en chemin. La facture électronique obligatoire concerne les factures entre entreprises et professionnels : celles qu’une clinique, un hôtel ou une agence immobilière émet à d’autres entreprises et celles qu’elle reçoit de ses fournisseurs. Ce qui s’applique exactement à votre entreprise, et depuis quand, c’est à votre conseil fiscal de le confirmer. Je ne suis pas fiscaliste, et cette note ne remplace pas cette consultation.
L’angle mort : la facture commence sur le site.
On parle de VeriFactu et de facture électronique comme d’une affaire de logiciel de facturation. Mais les données d’une facture se recueillent bien avant : quand une entreprise réserve un séminaire dans un hôtel, commande des bilans de santé pour son équipe ou mandate une agence immobilière. Si le formulaire du site ne demande pas la raison sociale et le numéro fiscal quand il le faut, quelqu’un devra les recopier plus tard, et chaque recopie est une erreur possible dans un enregistrement qui, avec VeriFactu, ne peut plus être modifié sans laisser de trace.
Un report change la date de l’examen. Il ne change pas le programme.
Ma position.
Je crois qu’attendre la dernière date est la décision la plus coûteuse, parce qu’elle oblige à changer deux fois : une fois pour VeriFactu, une fois pour la facture électronique. Le plus sensé est de le faire une fois et bien, avec un logiciel dont l’éditeur s’engage par écrit sur les deux normes, et avec des données qui circulent sans recopie du premier contact jusqu’à la facture. C’est de l’automatisation utile, pas de la technologie pour la mode. Ce qu’il faut automatiser ne change pas avec la date : les bonnes données, une seule fois, dès le premier formulaire.
Ce que je vérifierais.
- À qui vous facturez. Quelle part de vos factures va à des entreprises et des professionnels, et combien vous en recevez de vos fournisseurs.
- Votre calendrier. Si votre chiffre d’affaires dépasse 8 millions d’euros, car cela avance votre date d’un an.
- Votre logiciel. Si l’éditeur confirme par écrit VeriFactu et facture électronique, avec des dates.
- Le formulaire du site. S’il demande les données fiscales d’une entreprise quand c’est une entreprise qui réserve ou mandate.
- Les recopies. Combien de fois une donnée est ressaisie entre le site, l’agenda ou le CRM et la facture.
Par où commencer.
- Cette semaine
Savoir quel calendrier s’applique
Avec votre conseil fiscal : chiffre d’affaires, factures aux entreprises et dates applicables.
- Ce mois-ci
Interroger l’éditeur
Ce que fera votre logiciel de facturation pour VeriFactu et la facture électronique, et quand, par écrit.
- Ce trimestre
Relier l’entrée
Que les données du site, de l’agenda ou du CRM arrivent à la facture sans être ressaisies.
- Avant chaque date
Tester
Émettre et recevoir des factures de test avec la clientèle et les fournisseurs habituels, en gardant le temps de corriger.
Suivez une seule donnée pendant une journée. Prenez le numéro fiscal d’un client qui a réservé ou acheté sur votre site la semaine dernière et cherchez combien de fois il a été ressaisi à la main depuis : dans l’e-mail, dans le tableur, dans le logiciel de facturation.
Chaque fois que quelqu’un l’a recopié, il a pu se tromper. Quand la facture électronique entre entreprises sera obligatoire, qui découvrira l’erreur le premier, votre équipe ou le logiciel de votre client ?
Si vous voulez que je vérifie comment les données de vos clients arrivent aujourd’hui du site jusqu’à la facture, commencez par le Diagnostic stratégique. Ce qui s’applique à vous, et à partir de quand, relève de votre conseil fiscal, pas d’un designer.